Parfois j'imagine ce qui aurait pu se passer si cette rencontre n'aurait pas eu lieu. Si on se serait contenté de se suivre, année après année. On se serait forcément rencontré enfait, c'est sûr. Mais, si ça avait été d'une autre manière? Je veux dire, peut être pas aussi tôt, la naïveté qui m'a valu tant de reproches n'aurait pas été présente. Ou si on se serait contenté d'être amis pour commencer? J'aurai peut être évité de lui confier que c'était mon premier amour, et de me jeter dans ses bras comme une préadolescente voulant impressionner ses supeeeeeeeeeeeeercopines en sortant avec un mec plus âgé.
Si on se serait pas rencontrés du tout, jusqu'à aujourd'hui, je crois que je n'aurai pas été aussi séduite. Voir pas du tout. Enfin, ce qui m'accable, et qui me vaut toutes ces années de mauvaises pensées, d'égarement et de souffrance, même si c'est un bien grand mot, c'est que je n'aimais pas ce garçon. Non, j'étais amoureuse de ce qu'il représentait pour moi. Je l'aimais, pas pour sa personne, mais parce que c'était le premier, parce qu'il était beau, et que je lui plaisais. Parce que c'était le premier à me faire autant souffrir, et le premier à me prendre timidement la main.
C'est pour ça que je l'aime encore. C'est aussi pourquoi, je le sais, que du haut de mes 80 ballets, je penserai encore à lui comme la première personne que j'ai aimé.
Je sais aussi que je dis ça aujourd'hui, que je suis là, devant mon écran à écrire ces conneries, et que jusqu'à ce qu'il s'en aille, je ferai l'autruche jusqu'au dernier moment. Que son dernier jour, je ferai l'insouciante, mais que je m'imaginerai, non, que j'espererai comme je l'ai espéré tellement de fois, qu'il me surprendrait, qu'il serait derrière moi, me prendrait la main pour un dernière adieu. Un discours digne d'un film romantique se dégagerait de sa sombre voix, et que ses tendres lèvres arborerait les miennes une dernière fois.
Et comme il ne viendra pas, je me retrouverai seule, avec cette foutue chanson, mes foutues larmes, et un article sur ce foutu blog.